echelledejacob

Les débuts de Thierry Le Luron à ... L'Echelle de Jacob


En Mars 1970, soit quelques semaines avant son dix-huitième anniversaire, Thierry fait ses grands début à l'echelle de Jacob.


Si les imitations sont impressionnantes, en revanche, les textes sont assez pauvres. Les spectateurs se régalent surtout à l'écoute du travail de la voix.

Thierry est tout à fait conscient de ce problème, et ne manque pas d'en faire état autour de lui.
Ces lamentations mainte fois répétées viennent aux oreilles de l'humoriste Patrick Font, que Thierry présente chaque soir à l'échelle de Jacob. Drôle, paillard, agressif, Patrick Font est l'auteur de ses propres textes. La collaboration va donc se faire naturellement.

"Thierry m'a demandé si je pouvais lui écrire un texte, de préférence, une parodie d'une chanson d'Aznavour, "Les comédiens". Je commençais à découvrir les talents d'imitateur de Thierry et je n'ai pas vraiment réfléchis. J'ai foncé et je lui ai écrit ce texte. C'est vrai que nos humour et nos personnalités était opposées sur scène. Mais je peux vous affirmer qu'une fois le rideau tiré, nous étions d'accord sur l'essentiel".

S'il est exact que les extrêmes ont tendance à se rejoindre, Thierry Le Luron et Patrick Font en sont de vibrants exemples.

En ce début de l'année 1970, Thierry n'a pas encore 19 ans. Patrick Font file, lui, sur la trentaine.
Et les slogans de Mai 1968, Il est interdit d'interdire ou Peace and Love, sont encore bien encrés en lui.
Son coté anarchiste ne l'a jamais vraiment quitté.

Patrick Font et Thierry Le Luron
Patrick Font et Thierry Le Luron
Pour sa part, Thierry, catholique pratiquant, s'est terré chez lui au plus fort des barricades dans le quartier latin. Entre les deux hommes, l'entente sera pourtant parfaite. En dix ans de collaboration, il n'y aura aucune brouille, aucune fâcherie.

"En privé, Thierry me demandé toujours d'aller plus loin dans mes textes. Il acceptait tout et considérait qu'il ne devait pas y avoir de limites dans la liberté de pasticher Tel ou Tel artiste.
Je persiste à penser que dans le privé, Thierry était de gauche. En revanche, devant son public, il était bien de droite
."

"Il lui arrivait très souvent de s'emporter sur tout ce qui pouvait se passer dans le monde.
Il voulait s'engager contre la misère ou la peine de mort. Malgré ses 18 ans, il était déjà très mure, comme une personne de quarante ans!"

Texte et photo du livre "L'inimitable imitateur" de Bernard Moncel



Source : le blog de Mijanou